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Publié : 4 janvier 2011

Mise en oeuvre du programme de seconde

Des premiers conseils, des premières pistes pour mettre en œuvre le programme d’Histoire de Seconde Baccalauréat professionnel

1. Comment faire de l’Histoire en 2° Bac pro ?
Faire de l’histoire en lycée professionnel, c’est donner envie aux élèves de :

• voyager dans le temps et dans l’espace en allant ailleurs dans le temps et l’espace avec eux,

• travailler sur de l’humain car c’est bien l’homme qui est au centre du programme de seconde et qui sert de fil directeur à partir de cette question centrale : qu’est-ce que l’homme ?

Pour cela, il faut donner envie de savoir, de connaître, montrer la diversité des territoires en plaçant au centre les acteurs :

• des hommes en situation (mais pas à travers une biographie),

• un homme, des hommes qui affrontent une situation à un moment.

Et voir :

• comment cette situation, une action va construire l’histoire par des actions de tous les jours : n’oublions pas que ce sont nos actes qui construisent le monde dans lequel nous vivons,

• comment on construit chaque jour car l’homme en situation construit.

2. Comment entrer dans le programme d’Histoire ?

Le titre « les Européens et le monde » est le point d’entrée du programme d’Histoire. Dès lors, il doit être présenté d’emblée. Il doit servir de base de lancement, de premières interrogations autour de ces deux mots, de leurs relations, en les associant par exemple à une confrontation cartographique (cartes de Fernand Braudel extraites du livre L’Europe et le monde de François Lebrun).

Cette présentation doit :

• être simple, lisible, compréhensible par tous les élèves,

• donner envie d’en savoir davantage sur ce qui se cache derrière ces mots, leurs représentations.

Cette première approche prend tout son sens lorsqu’on la personnalise, lorsque l’on la relie aux sujets d’étude que l’on a choisi d’étudier au cours de l’année. En effet, le titre écrit au tableau, le professeur doit prendre un temps certain pour poursuivre la réflexion. Il a le choix entre plusieurs titres possibles, entre plusieurs problématiques annuelles qui permettront de relier au moins trois sujets d’étude entre eux. Cette réflexion amorcée en amont est aussi le moment où les élèves découvrent le programme, quelles que soient les propositions envisagées, quels que soient les choix du professeur. Il s’agit de présenter l’axe de lecture qui va servir de guide, de repères aux élèves. Ces points d’entrée sont nombreux, comme le prouvent les pistes suivantes :

• Les Européens et la découverte du monde,

• Les européens reconsidèrent le Monde,

• Les Européens découvrent et exploitent le monde,

• Les Européens et l’Autre,

• Les Européens : des découvreurs de nouveaux mondes

• Les nouveaux regards de l’Européen sur le monde …

3. Comment organiser la réflexion didactique ?

Ce point d’entrée choisi, il faut observer plus attentivement les sujets d’étude retenus qui vont traiter la question et préciser les finalités générales, les objectifs généraux de la séquence. Pour le premier sujet d’étude, « Humanisme et renaissance » par exemple, le professeur et les élèves devront sélectionner des personnages historiques influents qui ont marqué cette période et définir les principales caractéristiques du renouveau intellectuel, culturel et artistique qui s’épanouit en Europe au XVI° siècle.
Ces finalités précisées, la réflexion doit soulever d’autres questions qui seront autant de problématiques générales à construire avec les élèves. Une problématisation réfléchie tourne autour d’une seule question centrale : Quelle est la seule chose à dire sur ce sujet d’étude ? Et laquelle ?

Cette question devra prendre en compte le temps long, en développant l’événement, en le replaçant entre évolutions et permanences. Exemples :

• Quels regards portent les Européens sur cette découverte du monde ?

• Pourquoi les Européens partent-ils à la découverte du monde ?

• Comment ces découvertes vont-elles modifier la connaissance et l’organisation du monde ?

• Pourquoi et comment l’Homme porte-t-il un regard nouveau sur les Hommes et le monde ?

Ces problématiques pourront se décliner en problématiques intermédiaires qui prendront en compte les points de vue. En effet, et c’est sans doute la grande innovation qu’il faut retenir pour aborder toute séquence en histoire, il faudra apprendre à varier la place de la situation dans le traitement de chaque étude en réalisant ce qu’on peut appeler « un petit pas de côté », un complément d’étude qui sous-entend :

- une séquence avec une situation centrale dite majeure complétée d’une autre situation, de nouvelles situations mineures ;

- des situations complémentaires, différentes pour évoquer les divergences de points de vue :

• le point de vue européen : par exemple, pourquoi les Européens partent-ils à la découverte du monde ?

• d’autres points de vue qui ne peuvent pas être ceux des Européens : autre exemple, comment le monde est-il exploité par les Européens ?

Il s’agit, par là, de :

• créer des liens qui nous ramènent au sujet d’étude par une mise en lumière, une situation supplémentaire donnée ou à créer qui éclaire,

• placer l’Homme au centre de l’histoire.

Ce changement de focale rappelle et insiste sur le fait qu’il n’y a pas :

• d’exhaustivité,

• de continuum historique mais l’étude de plusieurs sujets : on regarde, on étudie un sujet d’étude sur quatre à cinq semaines.

Autre exemple pour mieux comprendre le sens à donner à chaque sujet d’étude à partir de la dernière situation, à savoir la controverse de Valladolid pour traiter « Humanisme et Renaissance » :

• Entrée choisie : l’étude d’une situation événementielle à partir de questions simples : Qu’est-ce que la controverse de Valladolid ? De quoi s’agit-il ?

• Petit pas de côté pour replacer cette situation dans contexte philosophique en posant d’autres questions qui porteront sur l’Homme : qu’est-ce que l’Homme ? Les indiens sont-ils des hommes ? Ces questions sont à replacer dans une époque qui a pensé l’Homme : Pourquoi se poser cette question au 16 ° siècle ?

• Retour au contexte historique, dans un contexte plus général, sur du temps long donc, autour de dernières questions : pourquoi les Européens ne peuvent pas admettre que les Indiens sont des hommes à l’époque moderne ? Quelles ont été les conséquences de ce procès ? Quelles sont ses origines proches et lointaines ?

4. Que faut-il retenir avant de traiter un premier sujet d’étude ?
Pour résumer cette démarche de « va et vient », cette articulation entre sujet d’étude et situations, retenons qu’une situation :

• Peut servir d’accroche pour lancer une séquence,

• Peut devenir une situation majeure, plus exactement la situation centrale déclinée ou en ou plusieurs séances,

• Peut servir d’exemplification.

Retenons aussi les fils directeurs à suivre :

• Premier fil directeur : c’est choisir une focale centrale (une situation historique majeure) et partir d’un point de vue : celui, par exemple, des Européens qui regardent le monde dans lequel ils vivent : un monde terrestre mais également céleste (le regard de Dieu).

• Deuxième fil directeur : prendre en compte les éléments de changements, de rupture : les hommes dans la Renaissance rompent avec le Moyen-âge, suivre l’axe des changements : celui des changements culturels par les sujets d’étude.

• Troisième fil directeur : changer de focale, se placer de l’autre côté : celui des hommes d’un autre monde, d’un monde nouveau que les Européens ne placent pas sur le même pied d’égalité.

Ainsi, rappelons-nous que pour traiter un sujet d’étude :

• la situation est un moyen mais pas le seul,

• ce sujet appelle un retour de l’acteur, du personnage : d’où la distinction, par exemple, entre humanisme et humanistes,

• ce sujet s’étudie avec des mots qui sont des clés : la notion n’est donc plus première.

5. Quelles sont les autres idées à prendre en compte ?

- Pour renforcer ce petit pas de côté, il faut redonner la parole au professeur :

• c’est le professeur qui apporte les documents,

• sa parole est essentielle : le professeur peut exposer.

- Il faut enfin que les documents soient porteurs de sens, penser le document autrement en suivant quelques consignes :

• le document n’est pas une source de prélèvement mais un document qui témoigne d’une époque,

• en diminuer le nombre,

• ne pas vouloir tout dire par le document,

• ne pas lui faire dire ce qu’il ne dit pas,

• oser dire qu’il peut être illustratif : donner un document uniquement à voir.

Pour conclure, on peut affirmer que ce programme est une boîte de possibilités : au professeur d’y trouver les bonnes pour en ouvrir toutes les portes, d’assumer ses choix autour de la liberté et de la responsabilité.

Rédigé par les membres de la délégation des inter-académiques de Lyon